république du Sénégal
assemblée Nationale

Questions Parlementaires

12è Législature
Question N° : 2-2014 M. Cheikh Tidiane DIOUF (Rewmi) - Tivaouane Question orale
Ministère interrogé > Mines et Industrie Ministère attributaire > Mines et Industrie
Rubrique > Industrie Tête d'analyse > maux qui gangrènent le fonctinnement Analyse > ICS
Question publiée le 25 fevrier 2014
Réponse publiée le

Texte de la question

Suite à la recapitalisation des ICS avec la clôture du concordat entériné par le tribunal hors classe de Dakar dont l’objectif principal était de redresser l’entreprise et de solder sa dette qui s’élevait à hauteur de 250 milliards, les cadres constatent encore plusieurs problèmes parmi lesquels

 La baisse critique de la production due au déficit d’investissement
 Les retards sur la mise en place des moyens
 Un manque d’investissement dans le matériel d’entretien et un défaut des pièces de rechanges causant un problème de rendement dans la production.....
Ce constat résultait du mémorandum ACIS 08-05 en date du 28 mai 2008 qui poussait les cadres à soutenir que la recapitalisation est encore théorique voire fictive.

Monsieur le Ministre, aujourd’hui au moment où le chômage des jeunes gangrène le pays et le département de Tivaouane, l’usine fonctionne avec un manque d’effectif de 750 postes. Au même moment, une centaine de cadres expatriés à la compétence et à l’expertise douteuse sont recrutés et bénéficient de responsabilités avec des avantages exorbitants. 
Les cadres sénégalais, qui ont fait leurs preuves aux ICS, ce jadis fleuron de l’industrie sénégalaise, y sont maintenant réduits à de simples exécutants. La main d’œuvre non qualifiée, qui doit revenir prioritairement aux nationaux et particulièrement aux habitants du département de Tivaouane qui sont des soutiens de familles, est réservée à des centaines d’indiens, parqués dans l’usine, travaillant dans des conditions épouvantables au grand mépris de la législation de notre droit du travail. 
Monsieur le Ministre, après le paiement de la dette commerciale qui s’élevait à 60 milliards, une nouvelle dette est entrain de se reconstituer avec le non paiement des fournisseurs et des prestataires, en sus de la somme due aux bailleurs 61 Milliards et celle due aussi aux banques locales, 72,5 Milliards payable sur 15 ans, avec un différé de 03 
En plus, il est déplorable de constater qu’aujourd’hui, l’usine fonctionne constamment en contre- performance à cause d’une panne de la chaudière V1254 , consécutive à un manque de pièces de rechange pour quelques équipements de contrôle couplé à un manque de matières premières ( souffre) .
A titre illustratif, les ICS de 2002 à 2005, tournaient autour d’une production moyenne de 541.000 T/an alors qu’entre 2008 et 2012, le minima réalisé est de 184, 179 T (2008) et le maxima 391019 T (2011).
Au 31 Décembre 2013, la production était à 260 000 T alors qu’en prévision, ont été budgétisées 475 000 tonnes. Donc il en résulte un déficit de production de 215 000 tonnes.
Les pertes cumulées dans la période 2008/2013, à cause des manquements multiples et multiformes, dépassent les 400 milliards de frs CFA.

Monsieur le Ministre,
Le contrat liant le Sénégal et le consortium IFFCO, en son point 1.2, intitulé INVESTISSEMENT DANS L’OUTIL DE PRODUCTION, stipule que : 
« Dés la réalisation de cette dernière opération de recapitalisation, le consortium IFFCO, s’engage à travers un prêt aux ICS ou pour tout autre moyens à investir 100 Millions de dollars dans les 03 ans à venir de façon à porter la production des ICS au niveau d’efficacité optimale (soit environ 600 000 tonnes d’acides phosphoriques par an ).
Cette somme sera mise à la disposition de la société, par le consortium IFFCO, ou le cas échant, générée par l’exploitation des ICS. »
Monsieur le ministre de l’Industrie et des Mines
La situation catastrophique que traversent les ICS, ont fait naître en nous un certain nombre de questionnements relatifs à son management stratégique, à sa gestion et surtout à son avenir en terme de perspectives viables et fiables.
Est-ce que cette disposition du contrat a été respectée par IFFCO ?
Si Oui, quelles sont les moyens de contrôle de l’effectivité de ces investissements ?
Quels en sont les impacts sur les résultats et le fonctionnement des ICS ?
Si non, quelles sont les mesures prises par l’Etat du Sénégal à l’encontre d’IFFCO ?
Monsieur le Ministre, pour les Sénégalais et particulièrement les employés des ICS, l’avenant N°02 à la convention d’actionnaires, conclu le 16 Juillet 2007, n’est pas respecté par le repreneur indien.
En réalité, IFFCO tire le maximum de profits de nos ressources nationales, sans consentir le minimum d’investissement et de risques.
C’est pourquoi, nous avons été très surpris de vous voir conclure avec quelques uns des responsables de cette situation, ces actuels patrons des ICS, un contrat pour la fourniture d’électricité à base de charbon.
Comment en effet ces derniers, qui ont montré leur incapacité à faire fonctionner correctement les ICS, continuent- ils à bénéficier de la confiance de l’Etat ?
Pour terminer, nous voudrions savoir ce que l’Etat du Sénégal a fait et à prévu de faire à ce jour, pour régler de manières pérenne et définitive cet épineux problème ?
Enfin, quelles sont les mesures urgentes prises pour éviter que l’irréparable ne se produise ?